Saison 5

#rétrospective – Bribe 404: Sur le fil

Mon passage à la Stib aura certainement été marqué par mon engagement auprès de mes collègues féminines.

Dès mes premiers jours, j’ai été marquées par le traitement qu’on nous réservait et les conditions de travail dans lesquelles on vivait chaque jour de service. Chaque 8 mars (Journée internationale des droits des femmes) a été l’occasion de se réunir, de réfléchir et de poser nos petites pierres. Ce fut laborieux de rallier les collègues à ma cause, souvent j’ai été découragée, mais j’ai eu tout le long une fidèle acolyte ultra motivée (qui se reconnaitra) (merciiiii !) avec qui on a pu débattre sur le sujet et concrétiser quelques actions. Et puis, des nouvelles ont continué d’arriver et certaines nous ont rejointes. Leur fraîche motivation nous redonnait espoir et force car il en faut, pour militer.

Sachez que le sujet principal sont les sanitaires. Peu nombreux, souvent en panne, sales, mixtes, pas chauffés (la plupart sont en extérieur), pas hygiéniques. C’est un combat de longue haleine. Grâce à cette cause féminine que j’ai défendue, j’ai pu rencontrer plusieurs personnes de la direction et échanger avec elleux, réfléchir à des pistes de solutions pour un meilleur confort au travail. Une belle expérience!

Plusieurs actions ont été et sont entreprises par la direction et les syndicats, les choses bougent. Et je sais qu’on y est pour quelque chose 🙂

Faire un métier de femme amène souvent des situations plus ou moins agrééables. Découvrez ici deux exemples de situations courantes et peu agréables vécues par Kim, ma collègue du dépôt de l’Avenue du Roi à Saint-Gilles. (Ré)écoutez son appel ici:

  • NB: Là-bas = au dépôt d’Ixelles 🙂

⬇️ ⬇️ ⬇️ cliquez ici et (re)découvrez l’article original de mars 2020 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

#rétrospective – S03E06: Monsieur

Saviez-vous que j’ai changé de nom depuis que je conduis des trams? Je m’appelle Laporte. Monsieur Laporte.

planche originale, colorée dans Photoshop après scan

Il y a des jours où cela me fait sourire, d’autres où j’aimerais être moins transparente.

⬇️ ⬇️ ⬇️ cliquez ici pour (re)découvrir le dessin final dans l’article original de décembre 2018 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

Trame était dans l’journal!

Article du Soir, 21-22 mars 2020
Un spray, une lavette et des gants (carte blanche)

Il est 12h, je pars au travail. Comme j’aime le faire, je fais un détour par le Starbucks de Montgomery. Fermé. C’est l’occasion de me rappeler qu’il y a plus éthique comme endroit pour s’acheter un café. Que ça aussi, je pourrais changer après « tout ça ». Je continue ma route avec le tram 25, essayant de garder l’équilibre sans me tenir aux mains courantes, ni aux sièges. Oops, je me suis installée trop près de cette dame. Je recule. Mais zut, j’oublie de respirer dans mon cache-cou ! J’arrive au dépôt d’Ixelles, la porte d’entrée est ouverte pour ne pas avoir à la toucher. Certains collègues maladroits tentent encore de faire la bise ou de serrer la main. On s’assied avec hésitation pas trop près, pas trop loin. On est content.e.s de se voir mais, entre plaisir et prudence, on ne sait pas trop comment se comporter. Je pointe à la badgeuse, le nez et la bouche enfoncés dans mon cache-cou, c’est le début de ma journée.

Mon métier, c’est conductrice de trams. Et comme tout le monde, la routine de mon quotidien s’est vue chamboulée ces derniers jours. Tous mes gestes automatiques et mes habitudes doivent être repensés. Cela devient du sport de calculer quand je pourrai enfin me laver les mains. Remplir les documents administratifs, ranger mes affaires et puis aïe, je toucherai une poignée de porte et ce sera rebelote. Pour mon service, j’ai mes accessoires habituels mais depuis quelques jours, j’en trimballe de nouveaux : un spray désinfectant, une lavette rose en micro-fibres et une paire de gants bleus en latex. Je ne transvase plus mon grand pot de gel hydro-alcoolique dans un plus petit, je l’embarque carrément avec moi, pour en user aussi souvent qu’il me semblera adéquat. Il a d’ailleurs pris la place de ma bouteille d’eau dans mon poste de conduite.

À quoi ressemble à présent mes journées ? Comme pour toutes celles et ceux qui s’aventurent dehors : à un film de science-fiction. Les rues sont vides, mon tram désinfecté ne transporte que quelques personnes, le calme règne, c’est une drôle d’ambiance glauque. Il y a une impression d’invasion zombie, et nous sommes les derniers imprudents à tenter notre chance à l’extérieur. On se fera mordre, ou pas. Et vu que les voyageurs ne peuvent plus m’approcher, encore moins me parler, dans le fond le zombie, c’est peut-être moi… Les lignes et nos horaires sont chamboulés, les collègues ne sont pas présent.e.s pour les remplacements, au bureau les assistant.e.s sont débordé.e.s, il manque des trams sur le réseau mais on fait de notre mieux pour assurer le service.

Je me demandais hier si j’étais inconsciente ou courageuse de venir rouler. Ce qui est certain, c’est que rester chez moi sans rien faire, ça ne nous sortira pas de cette crise. Bruxelles a besoin de nous, alors, les mains desséchées et le regard concentré, je vous l’assure : comptez sur moi !

Malvina Reyns

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⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)lisez l’article original sur le site du Soir : ⬇️ ⬇️ ⬇️

https://www.lesoir.be/288757/article/2020-03-20/malvina-conductrice-de-tram-bruxelles-je-me-suis-demande-si-jetais-inconsciente
Saison 5

#rétrospective – S02E04: Sable et minutes

Si il y a bien une question qu’on me pose souvent, c’est à quoi ressemblent mes journées de super pilote de trams.
Je comprends tout à fait que mon travail suscite tant de curiosité, je reste moi-même, après toutes ces années, fascinée et amusée par ce métier! (On enlève le stress, la fatigue et la pandémie). Tous ces véhicules différents, ces lignes, ces rails, ces aiguillages, ces manoeuvres, ces panneaux et ces règles… Il y autant à dire qu’à faire 🙂
Ce qui est drôle, c’est que beaucoup d’entre vous me disent avoir envie de conduire des trams! J’adore voir vos yeux briller quand je vous dis ce que je fais dans la vie! Et je n’oublierai jamais la petite fille qui m’observait conduire, puis en descendant a dit à sa maman « mais moi aussi je veux conduire des trams ».

planches originales

Alors cet article était pour vous, les curieux.ses.
Et pour celleux qui l’ont raté, entrez à votre tour dans la peau d’une conductrice de trams pour 8h de service!
Bon voyage dans Bruxelles!

planches originales

⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original de décembre 2017 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

Saison 5

#rétrospective – Bribe 405: Corona

Il y a pile 2 ans, la plus incroyable des nouvelles nous tombait dessus: une pandémie nous forçait à nous confiner. Et mon souvenir le plus marqué de cette période et ce silence. Ce long et lourd silence. Si notre pluie nationale avait été au rendez-vous, il y aurait eu moins de vide. Oui, le soleil c’était génial, mais pour celles et ceux qui avaient un jardin. Ou un.e chien.ne. Ce confinement, je l’ai passé seule, dans un appartement au milieu de la ville, sans balcon. La nature m’a cruellement manqué. Surtout qu’elle chantait, qu’elle vivait comme jamais. Et elle avait bien le droit, qu’on lui foute la paix quelques mois.

Ce qui m’a sauvée, c’est le boulot. J’y voyais des gens et me sentais utile. Tout le monde à l’intérieur, mais pas nous. Même avec des masques, même de loin, les sourires devinés et les regards chaleureux nous ont fait tenir. Et je me sentais fière, comme bien d’autres, mon métier est essentiel. Alors il était indispensable que je vous raconte comment ça se passait chez nous, dans la grande famille Stib!

Sur le réseau, dans les bus, les trams, les métros.
Dans les dépôts.
Aux dispatchings.
Dans les stations.
À la direction, le personnel de bureau en télé-travail.
De l’angoisse d’être dehors à celle d’être enfermé.es.
Réécoutez les voix de mes collègues dans l’article original, en lien ci-dessous ⬇️

Planches originales, dessin aux marqueurs
Les planches ont été colorées dans Photoshop après scan
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⬇️ ⬇️ ⬇️ (re)découvrez l’article original d’avril 2020 : ⬇️ ⬇️ ⬇️

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