Le réveil a continué de sonner à 6h, chaque matin. Et à ma plus grande surprise, les levers deviennent de plus en plus faciles, malgré les jours qui raccourcissent et le froid qui s’installe. Ça ne me ressemble pas. Je dois avouer que je suis plutôt motivée quand j’ouvre les yeux, à l’idée de retourner au centre de formation. Cette nouvelle vie m’enivre et surtout, je n’ai pas trop le temps de penser à la fatigue. Théorie, découvertes, discussions, rencontres, examens… Les journées filent.
Entre le premier café que l’on partage ensemble et le choco chaud que l’on s’offre à tour de rôle en fin d’après-midi, le temps prend une autre dimension. Surtout, depuis qu’on est parti.e.s sur les rails et qu’on s’est assis.e.s dans un poste de conduite. On en revenait pas quand on nous a annoncé qu’on allait déjà conduire. Et à la barre de notre PCC d’écolage, on ne fait vraiment pas les fier.ière.s. Des journées d’automne sombres et humides, un regard peu affûté. La tête est remplie de théorie mais les gestes sont maladroits, hésitants. Et pendant quelques heures, je me suis demandé ce que je faisais là. Le lendemain, c’était oublié et j’ai rapidement apprécié apprivoiser le véhicule. À tour de rôle avec mon binôme et un instructeur, on arpente les rues de Bruxelles : on observe les quartiers, on glisse avec la pluie, on stresse, on s’marre, on visite les dépôts, les cafétérias, on partage des cafés avec des collègues, on papote… Notre nouveau métier s’infiltre petit à petit en nous.





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